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Après deux éditions pleines de succès, le Procès Lumumba et celui de Léopold II, la soirée d'éloquence de l'Asbl Congo Culture se tient  lundi 17 mai à la Salle de réunion au bâtiment Hypnose. À quelques jours de la 3e édition, Buzzz Magazine s'est entretenu avec Maître Jacques Mukonga, célèbre orateur et vainqueur des multiples concours d'éloquences, sera l'une des attractions de la soirée.

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Le prometteur défenseur belgo-congolais Gaël  Kakudji évolue au FC Seraing, mais n’a pas oublié la RDC. Il nous fait part de son parcours, de ses projets et de son implication auprès du centre Joli Site.

Viens-tu à Lubumbashi afin de te ressourcer ou pour une autre raison ?

En fait, je profite d’une trêve sanitaire en Belgique pour apporter aux jeunes à Lubumbashi ma petite expérience en matière de football européen. Bien que ma carrière demeure balbutiante, je peux les faire un peu grandir, en toute humilité.

Peux-tu nous parler de tes débuts en Belgique ?

D’abord, je suis arrivé au FC Seraing, ensuite j’ai rejoint la Gantoise en Jupiler Pro League. Après, j’ai joué pour Anvers, un des meilleurs clubs belges. Je retrouve maintenant le FC Seraing, en division 2.

Comment es-tu resté en forme, malgré les restrictions liées à la Covid-19 ?  

Mon retour à Lubumbashi a constitué l’occasion d’une remise à niveau. Les talents du Congo n’ont souvent rien à envier à ceux qui évoluent en Europe ; je n’étais pas dépaysé.

Comment ce partenariat entre Joli Site et le FC Seraing a-t-il vu le jour ?

Il n’y a pas de partenariat entre le FC Seraing et l’académie  lushoise ; c’est juste que la période d’arrêt qu’a connu l’Europe m’a permis de rester deux semaines, qui se sont avérées très efficaces. Les garçons d’ici nourrissent justement le rêve de partir jouer en Europe. J’ai pu leur faire profiter de mon expérience, modeste, mais déjà bénéfique pour eux. Cela les a beaucoup intéressés d’apprendre comment on s’entraîne là-bas. Je leur ai également parlé des écueils qu’on pouvait y rencontrer.

Pourrais-tu brièvement nous présenter cette académie ?

Joli Site forme les talents de demain. Les « préminimes » comprennent des enfants âgés de 9 à 11 ans, les « minimes » ont entre 11 et 13 ans, les « cadets » 13, 14 ou 15 ans. Les juniors ont 16 ans, et, dans l’équipe senior, entre 16 20  ans. L’académie doit constituer un tremplin, et offrir aux joueurs la possibilité d’entamer une carrière européenne. On a la chance de collaborer avec le Royal Antwerp Football Club, qui compte un international congolais que tout le monde connaît, Dieumerci Mbokani. Cette réalité crédibilise l’académie et lui octroie de la valeur.

Comment résumerais-tu ton parcours de footballeur ?

En 2018, j’avais 19  ans, pour mes débuts avec Anvers. Avec un groupe très bon, nous ambitionnions de jouer en ligue Europa. J’ai pu être le seul jeune du club à pouvoir fouler la pelouse. Ça m’a permis par la suite d’y signer un premier contrat professionnel de trois ans. La même année, en plus, j’ai pu représenter mon pays pour les qualifications de la CAN U23. J’en garde d’excellents souvenirs, ayant pu déjà côtoyer à ce moment-là une génération dorée, composée de Muleka, Beya, et d’autres.

Tu avais pourtant commencé par le rugby et la boxe !

Oui, je n’ai pas seulement joué au football durant mes jeunes années. À 10 ou 11  ans, je pratiquais surtout le rugby et la boxe, auxquels je dois mon agressivité sur le terrain, mon physique, et une façon de jouer bien à moi.

Pour te présenter, on fait souvent allusion à ton gabarit intimidant, à ton 1m93, et à tes 87 kilos. Cela ne te dérange-t-il pas ?

Non, pas du tout, j’assume ce profil, grâce auquel j’ai pu me démarquer. Je ne le changerais pour rien au monde ! Les grands joueurs costauds ont, en plus, le vent en poupe en Belgique ou en Angleterre.

Que penses-tu de ton évolution ?

La Covid-19 rend évidemment la saison actuelle très compliquée. Pour franchir un palier, on a connu des contextes plus propices. En ce qui me concerne, j’ai pu signer un contrat  2 + 1, dans un club qui appartient à Metz. Ça me donne une certaine sécurité, parce qu’il ne me restait qu’un an.

Nous annonces-tu que tu vas rallier Metz ?

En fait, Seraing constitue une pépinière de Metz. Les meilleurs jeunes de Seraing peuvent avoir l’opportunité de rallier Metz. Arriver en ligue  1, se confronter à Neymar et au PSG, relève d’une autre dimension, et donne clairement envie.

Tu connais quelques grands joueurs qui sont passés par Metz…

Oui, Metz peut s’enorgueillir d’avoir fait découvrir Sadio Mané, l’un des attaquants en activité les plus doués actuellement, et dans le top 3 africain, à mes yeux. Kalidou Coulibaly, le rempart napolitain, ou Pjanic, qui étincèle à Barcelone ont aussi porté les couleurs du FC Metz.

Mais si jamais un choix se présentait ?

On ne sait jamais ce qui peut arriver. Pour l’heure, je me concentre sur ma situation du moment, on verra ensuite. J’aime vivre dans l’instant, même là, en période de pandémie. Si je m’étais projeté il y a un an, je n’aurais pas pu prévoir le Coronavirus. Il faut toujours se préparer à toute sorte d’obstacles.. 

Ouvrons une parenthèse sur l’équipe nationale. Quel bilan brosserais-tu de ton expérience avec Les Léopards U23 en 2018 ?

J’en retiens du positif. Retourner au Congo pour représenter mon pays, ce n’est pas anodin, en plus au Stade des Martyrs de Kinshasa ! C’était impressionnant ! Malheureusement, nous avons été disqualifiés et ça a été une immense déception. Sur le terrain, nous avions pourtant éliminé le Maroc, le grand favori ! J’en garde cela dit surtout de bons souvenirs, en raison, aussi, du voyage, du groupe, et du coach également. Il entraîne aujourd’hui l’équipe première ! Il me connaît bien, peut-être fera-t-il appel à moi dans les années à venir, s’il reste sélectionneur.

Maintiens-tu le contact avec lui ? 

Oui, et surtout avec son adjoint Christopher  Oualembo, qui s’occupait des joueurs de la Belgique. Récemment, il m’a envoyé un message pour me demander comment j’allais.

Suis-tu assidûment les Léopards ?

Évidemment, je regarde toujours leurs matchs avec beaucoup d’attention, et je partage leur joie quand ils réussissent à s’imposer. Pour les éliminatoires de la CAN, je pense qu’un grand pays comme le Congo se doit d’y participer et d’atteindre au moins le carré final.

Tu es né à Liège, mais tu reviens régulièrement au Congo. Comment décrirais-tu ta relation avec ce pays ?

Je conserve un lien très fort. J’ai passé mes quatre premières années au Congo, et une bonne partie de ma famille habite encore en RDC. J’essaie de venir au moins une fois par an, bien que mon emploi du temps me le rend difficile.

Tu appuies la formation des jeunes de Joli Site. Quels conseils leur prodiguerais-tu avec tous les problèmes qu’ils peuvent rencontrer aujourd’hui ?

Je les exhorte à suivre les recommandations de l’académie, qui les encadre et les aide, et continuera à le faire s’ils partent pour l’Europe. Ils savent très bien que c’est une grande famille. Personnellement, je les contacte fréquemment, sur WhatsApp par exemple. Si l’un deux devait poser ses valises sur le vieux continent, il pourra compter sur moi pour l’épauler.

Quelle politique de recrutement Joli Site adopte-t-il ?

Pour l’instant, l’académie se concentre sur Lubumbashi, où les talents pullulent. On en a dernièrement détecté plus de 1 200, et de nouveaux venus ont intégré chaque équipe. L’effectif a ainsi pu être bien étoffé, de manière très qualitative. Dans le futur, l’académie va déceler des pépites à Kinshasa. Là aussi, elles prolifèrent. Les talents d’autres grandes villes également seront repérés, dans une étape suivante.

Comment Anvers, partenaire officiel de Joli Site, suit-il localement vos jeunes ?

L’académie avait prévu d’organiser une tournée, et affronter des clubs comme Anvers, pour voir qui pourrait s’y établir. Le virus du moment a bien sûr freiné cet élan, mais ce n’est qu’un ajournement. On aimerait bien faire venir des joueurs à Anvers, mettre en place des matchs amicaux contre des équipes de différentes catégories d’âge. Cela permettrait de savoir qui peut concrètement passer un cap.

Tout est-il réuni ici pour envoyer les jeunes en Belgique ?

Tout est fait pour ! On ne compte pas beaucoup de centres comparables au Congo. Après Mazembe, je pense que l’académie des Red Eagles de Joli Site est la deuxième académie qui forme les joueurs ainsi. Elle peut toujours se développer davantage, mais je crois que la suite peut être envisagée sereinement. Un coach international renommé, Luis  Norton de Matos, passé par le Benfica et Porto, a été envoyé par le Royal Antwerp, qui a donc montré ainsi qu’il misait beaucoup sur l’académie. Il a coaché les juniors, les seniors, les minimes, et les pré-minimes. Il permet à l’académie de se rapprocher des conditions européennes.

De quels équipements dispose l’académie ?

Grâce au partenariat, Anvers nous fournit du matériel très compétitif. De ce côté-là, rien ne leur manque, ils sont équipés comme en Belgique.

Comment évites-tu la fonte musculaire ?

Je m’entraîne au quotidien, d’une manière ou d’une autre, sur les terrains ou dans une salle de sport. Je veille sans cesse au poids de mon corps, je ne néglige rien. Il ne faut pas oublier cet aspect ; en Europe, un défenseur central se doit de répondre aux duels par un physique imposant entre autres.

Les préparateurs t’avaient-ils mis en garde ?

Je travaille tous les jours, donc je ne constate pas de problèmes. Quand les joueurs se montrent trop désinvoltes dans ce domaine, les effets secondaires arrivent vite. Leur graisse augmente, et des blessures peuvent advenir. Il incombe à un footballeur de veiller sur son corps, de l’entretenir, de bien l’alimenter, car c’est son outil de travail.

 

Interview réalisée par Iragi Elisha Eliya Buzzz Magazine. 

Photo: AfricaInside

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