Directrice déléguée de l’Institut français de Kinshasa, Élodie Chabert a pris ses fonctions il y a quelques mois. Elle nous parle des projets de l’Institut en 2021.

BUZZZ Magazine : Pourriez-vous vous présenter ?

Élodie Chabert : Bonjour, j’ai commencé ma vie professionnelle dans le domaine de la formation et cela fait maintenant plus de quinze ans que je travaille dans le domaine de la coopération. Tout d’abord dans la coopération linguistique et puis la coopération culturelle. Il se trouve que j’ai eu l’occasion de travailler à Maputo et à Paris dans la coopération linguistique.

Pourriez-vous présenter l’Institut français de Kinshasa ?

Il s’agit d’un bel établissement, doté de deux salles de spectacle susceptibles d’accueillir plus de 700 personnes et, pour de gros événements, près de 2000 personnes debout, dans la grande Halle de la Gombe. De son côté, la petite Halle peut abriter 200 personnes assises, sachant qu’actuellement, Covid oblige, la jauge a été réduite de moitié afin de respecter les gestes barrière et la distanciation sociale. Nous disposons également une salle d’exposition, à l’arrière des jardins et du bâtiment principal, ainsi qu’une grande médiathèque, belle, lumineuse, et optimale pour travailler. Elle offre beaucoup de possibilités et on envisage de la moderniser dans les années à venir. Avant tout, nous comptons mettre l’accent sur le pôle jeunesse, de même que des animations autour du livre, de l’écrit, de la lecture et de la lecture numérique aussi, puisque nous possédons des tablettes. Nous proposons des ordinateurs pour les recherches, mais aussi dans le but de consulter notre site-vidéothèque, qui équivaut à une bibliothèque en ligne, développée par l’Institut français à Paris.

Nos abonnés peuvent accéder à la fois à du contenu audio, vidéo et écrit. Nous comptons en outre deux autres pôles : un pôle langue, un centre de langue où ont lieu des cours de français et puis l’espace Campus France dédié à la mobilité étudiante. Il permet d’accompagner les étudiants qui nourrissent le projet d’aller étudier en France, en se faisant l’intermédiaire entre les étudiants congolais et les universités ou les établissements d’enseignement supérieur français.

Quelles modifications la Covid-19 a-t-elle induites ?

Pour l’instant, la Covid affecte la capacité d’accueil et d’organisation logistique des événements, puisqu’on respecte scrupuleusement les gestes barrière, tout comme l’accès à nos espaces pendant la journée. On peut y accéder principalement sur rendez-vous, la consultation à la médiathèque se fait sur inscription, et les visiteurs viennent aux cours auxquels ils se sont inscrits. Pour Campus France, cela se passe de la même façon. En ce qui concerne les activités culturelles, on limite la jauge pour respecter la distance d’un mètre minimum entre les chaises lors des spectacles. Nous devons bien sûr protéger nos usagers au maximum, en mettant en place le lavage des mains, la prise de température systématique et le port du masque obligatoire au sein de l’établissement. Ces contraintes vont à l’encontre de la vocation première de l’Institut, celle de représenter un lieu d’échanges et de rencontres. Le contexte sanitaire nous y oblige toutefois.

Vous accueillez aussi des artistes étrangers ?

Même si nous n’accueillons pas tous les jours des artistes étrangers, cela fait aussi partie de nos prérogatives de mettre en lien des artistes congolais avec des artistes étrangers. Nous devons aussi servir de tremplin pour les artistes locaux, afin qu’ils puissent faire connaître leur travail sur le plan international. À ce titre, je pense notamment à la saison Africa 2020 en France, qui devait être une réelle vitrine pour les artistes africains en général et donc aussi congolais. Cet événement a, hélas, été annulé. Beaucoup de lieux ont en tout cas malheureusement dû reporter leurs événements, ce qui a fortement nui aux artistes congolais programmés cette saison. L’institut français partage leur déception de ne pas encore émerger à l’international, et regrette profondément de ne pas pouvoir favoriser les échanges, pourtant solidement ancrés dans notre ADN.

Cela conduira à plusieurs dates importantes en 2021 ?

Quels événements auront lieu ? Nous espérons que tout aura lieu, mais cela dépend en effet de l’évolution de l’épidémie. Malgré tout, nous restons optimistes, en restant très prudents. La fête du livre en février devrait se dérouler sans heurt. Elle concerne non seulement Kinshasa, mais aussi les autres Instituts français de la RDC, à Lubumbashi et à Bukavu, ainsi qu’à l’Alliance française de Kisangani, grâce aux concours des centres culturels locaux. Ensuite, on peut citer d’autres événements majeurs, tels que le festival du cinéma européen, qui lui aussi rayonne d’ordinaire sur l’ensemble du pays au mois de mai. Nous espérons de surcroît accueillir d’autres festivals devenus incontournables, à l’image du « Jazz Kiff ». Le festival « Kinshasa Jazz » fait également partie de la programmation à venir. Enfin, nous allons renouveler si possible l’opération de Africa Music Forum, dont les deux premières éditions avaient connu un franc succès.

Au-delà de ces événements phares, nous poursuivons nos autres actions, notamment de formation et d’échange, via des master class, des échanges entre artistes et professionnels, notamment dans les secteurs de la technique du spectacle et de la création artistique. Chaque manifestation incluant une dimension internationale sera accompagnée d’un échange entre des artistes venus de l’extérieur et des artistes congolais, dans la mesure du réalisable.

Quelles ambitions entretenez-vous pour les trois prochaines années ?

Poursuivre le travail d’abord et l’améliorer autant que faire se peut. Des choses se font déjà. Nous voulons continuer à accompagner les artistes, avec l’espoir qu’ils puissent travailler dans des conditions optimales et se produire sur une scène de qualité. L’essentiel pour nous consiste à incarner une plateforme d’échange entre différentes cultures et artistes venus de tous horizons. Notre lieu doit leur permettre de se retrouver et de travailler ensemble de manière fructueuse. Nous nous devons aussi de les accueillir dignement, d’un point de vue technique, pratique et financier. Autrement, nous ambitionnons de moderniser davantage notre médiathèque et de la rendre encore plus attrayante et riche. Il s’agit là de l’une de nos priorités pour les trois prochaines années.

Interview réalisée par Buzzz Magazine

Gastineau Massamba est artiste peintre, sculpteur et même tisserand. Se définissant lui-même comme un laborantin qui explore les matériaux, tourne autour des formes, des traits, il a choisi le fil, souvent noir, pour dessiner les ombres morbides de ses corps armés, décharnés, ces corps à la peau noire qui semble fondre sur ses tableaux.

Pour la première fois, le miam (musée international des arts modestes) accueille à Sète en France des artistes du continent africain. Ils vivent et travaillent principalement à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo.

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